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Extrait du "MEMORIAL" du XXXème Anniversaire en 1949 :

Origines de la Troupe Roi Albert
de 1919 à 1949

" L’Unité scoute du Collège fut fondée en 1919 par le Révérend Père DESCAMPE et Monsieur Raoul PARENT, dans l’apothéose de la victoire, au son des clairons, des tambours et des trompettes triomphantes ; elle prit un nom héroïque et clair dont elle a toujours été fière et qu’elle continue à vénérer pieusement. C’est l’époque où les scouts armés de bâtons font l’exercice dans la cour du Collège, où leurs chapeaux au bord relevé leur donnent des allures de soldats australiens, où certains chefs défilent à cheval à la tête d’une troupe de 150 garçons lors des cérémonies publiques. Malgré ces exagérations manifestes, la jeune troupe entreprend ses premiers camps : Dinant et Loverval en avril et septembre 1919, La Marlagne et Libin en avril et août 1920, Mielmont et le camp aux gants blancs du Jamboree National de Diest l’année suivante.

Passage à vide

L’enthousiasme des premières années ne dura guère des chefs trop rares ne pouvaient encadrer et former en profondeur une troupe trop nombreuse qui vit rapidement fondre ses effectifs. Cette épreuve qui extérieurement semblait une catastrophe fut en réalité, grâce à quelques-uns, un grand bien et la condition d’un nouveau départ.

Le "Redépart"

C’est elle qui permit aux plus convaincus, aux plus solides, à ceux qui avaient le mieux compris le sens du scoutisme et l’intention de Baden-Powell, d’apurer progressivement leurs conceptions, de retourner aux sources, d’étudier et de pratiquer avec plus d’attention " Le Livre des Eclaireurs ", c’est elle qui façonna, au milieu de l’indifférence hostile de beaucoup, la patrouille qui devait donner à l’Unité Roi Albert sa véritable physionomie scoute. Comment aujourd’hui ne pas saluer ceux, qui après avoir connu les fastes extérieurs de la Troupe de 1920, lui sont restés, dans la déroute, fidèlement attachés. Petit groupe compact d’une patrouille à peine, objet des sarcasmes et des risées que leur valaient les exagérations antérieures, mais qui avaient compris que le scoutisme était autre chose de plus sérieux, de plus profond. Ce sont ces quelques scouts : Philippe Dulait, Pierre Van Geersdaele, Hubert Dulait, Henri Gailly, Albert Gailly, Emile Renard, André Gailly, qui présidèrent, en 1924, à la renaissance de la troupe.

Le père Jacques STEVENS sj

Mais ces jeunes garçons, sans l’appui du Collège, sans un aumônier plein d’entrain, ne pouvaient pas faire grand chose, quel que soit leur courage. Cet appui ils le trouvèrent chez le Révérend Père Recteur de l’époque le Père Severin qui leur donna un aumônier, le Père Jacques Stevens. Ce dernier, avec le chef de troupe Philippe Dulait, entreprit de tout reconstruire. Leur tâche n’était pas facile, l’hostilité vis-à-vis du scoutisme était à l’époque presque générale et trouvait des arguments sérieux dans l’expérience précédente. Ils réussirent cependant. (*) En avril 1925, le camp de Namur voyait se réunir une troupe de trois patrouilles. Le départ était donné à nouveau, avec un esprit nouveau, une fraternité nouvelle, des traditions nouvelles qui lentement se formaient et vivaient parmi les scouts recrutés par le zèle du Père Stevens. Successivement les anciens prennent la direction de la troupe et des camps merveilleux se tiennent à Chiny, à Maredsous, à Groenenberg ; celui de Godinne voyait évoluer le burnou blanc de Valentin Brifaut, tandis que Pierre Van Geersdaele suivait avec sollicitude les premiers pas des jeunes tenderfoots qu’il venait d’accueillir.

Orval

En août 1927, la troupe avec la jeune et toute riante patrouille des Cigognes, s’installait à Orval et durant quinze jours, s’attelait au dur travail du déblaiement des ruines. Avril 1928 vit la Troupe au Bruly où le commissaire Pierre Cambier fit la connaissance du scoutisme, où notre cuisinier vit son totem magnifique de Plume d’Aigle changé en celui de Plume Pudding. Charneuse et la lutte héroïque de la Troupe Roi Albert contre la Seconde d’Anvers, le hike vers Bouillon, le vin rouge et la journée de repos à Rochehaut. Heer-Agimont et ses orages, la participation remarquable de la Troupe au Jamboree International de Birkenhaed en août 1929.

Naissance du Clan

La vie continue sans heurt ; des chefs et des aumôniers disparaissent, d’autres vont fonder de nouvelles troupes un peu partout dans la région de Charleroi ; et de plus jeunes les remplacent avec des qualités et des défauts nouveaux, mais tous avec le désir de faire progresser dans la jeunesse, l’esprit scout et l’esprit chrétien. Peu à peu, depuis 1926, les chefs se sont groupés, et, après plusieurs camps passés à Orval à déblayer les ruines, ont formé le Clan de la Pioche : un vitrail, dans la chapelle dédiée à Notre-Dame des scouts en l’église abbatiale, rappelle ces pionniers.

Les camps se succèdent...

Et les camps se succèdent toujours ; Acoz et la totémisation du cher Furet au clair de lune. Profondeville, Tancrémont à la pluie abondante malgré la Vierge au moustiquaire, Boussu en Fagne et la recherche de l’enfant Lindbergh, Jamblinnes ses pétromax et ses romanichels, Fairoul, son incendie nocturne, ses rots et le grand oiseau s’abattant parmi les chaises de l’église, Assenais et le théâtre du Ramier superbe, Arville, Mirwart et ses oies blanches, Herbeumont et ses truites, Felenne, Silenrieux sous la neige et tant d’autres endroits où les tentes de la Première furent plantées.

Naissance de la Meute

En 1935, par les soins du R.P. Masson et de Jean Henrard, une meute de Petits Loups vint rejoindre, dans les rangs de l’Unité, les déjà nombreux scouts et les routiers.

La guerre

La guerre trouva la troupe prête, malgré ses chefs dispersés et son matériel évanoui ; l’activité se fit clandestine mais demeura efficace puisque les dédoublements de la Troupe en 1944, puis de la Meute en 1947 furent décidés et réalisés avec succès.(Note du Webmaster : les troupes Jacques Dame et Jacques Magnée, les meutes Seeonee et Waigunga)

Conclusion

Tout ceci n’est qu’un bref aperçu d’une entreprise de trente ans (Rappel du Webmaster : ce texte remonte à 1949); mais nous savons que chacun de ceux qui le liront pourront recréer l’histoire de leur aventure personnelle dans le scoutisme, qu’ils retrouveront les mille souvenirs qu’ils en ont gardés, leurs enchantements, leurs amitiés, leurs efforts, leur tenderfoot, leurs C.P., leurs aumôniers et leurs chefs, leur première nuit de camp, les feux qu’ils allumaient et égayaient tous les soirs, les levers dans le soleil, la pluie, la brume ou la neige, la messe au camp et leurs prières fraternelles, le chant des adieux à la fin des camps ou autour des tombes de ceux qui étaient déjà rentrés à la Maison, leur Promesse enfin. Tous ces souvenirs forment l’histoire de la Première Unité Roi Albert, l’histoire commune de la troupe et l’histoire personnelle de chacun d’entre nous, tant il est vrai que le scoutisme nous a pris complètement et imprégnés jusqu’au fond de nous-mêmes ; à nous de dire, chacun en ce qui nous concerne, si cette histoire fut réellement une belle histoire. Et vous, petits frères scouts, à qui incombe la tâche de conduire l’Unité jusqu’à un nouveau terme, de faire votre vie selon votre Loi et votre Promesse, ouvrez tout grands vos yeux, vos oreilles, votre esprit et votre cœur pour que dans trente ans vous ayez gardé à vos souvenirs toute leur fraîcheur et à votre âme, son bel enthousiasme d’aujourd’hui. "

Le Staff d'Unité, 1949

(*) Par un curieux détour de l'Histoire, l'Unité a pour Aumônier depuis plus de dix ans à l'heure où ces lignes sont écrites (en 2003), le père François PHILIPS sj (Faon ordonné, un ancien "Ardent de Saint-Michel"), dont la maman est la soeur... du père STEVENS sj ! Bon sang ne peut mentir : "le père Faon" laissera lui aussi son empreinte à la Première !

Le Gardien des Légendes

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