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Qui donc rassemblera
sa sizaine au Rocher ?


La Première !


A la demande du Père Faon, le Père Philippe DE SCHUYTENEER sj, qui a prononcé l'homélie aux funérailles du Père Gaspard NAVEZ sj, évoque ici ses souvenirs de la fondation de la Meute de l'Unité.


En revenant du grand camp 2004, je trouve une écorce du Père Faon. C’était, pour ma Troupe, l’année du camp volant à l’étranger et je revenais, fourbu, desséché, mais entier, des Pyrénées espagnoles. Le Faon me demande de me tordre la mémoire pour évoquer la naissance, jadis, d’une meute, à la 1ère Charleroi. lko wapi ! comme je dirai plus tard en Afrique.

Cela devait être en juillet 34, d’après la chronologie des Cro-Magnons. J’avais accompagné mes chers parents pour la visite du camp scout auquel participait Jacques, mon frère aîné. Un orage éclata qui nous força à chercher refuge dans une tente de patrouille.
Un des scouts (Etienne Colin) s’allongea sur sa paillasse : à l’époque, on emplissait un sac de paille pour l’horizontale de la nuit. Etienne déclara superbement : " Même si la foudre tombe sur la tente, je ne bouge plus". Presqu’aussitôt, un coup de tonnerre tout proche éclate et le mât de la tente casse. Les tendeurs, en chanvre à l’époque, s’étaient raccourcis sous la pluie le mât n’avait pas résisté à la tension. Etienne-le-gisant bondit et lut le premier dehors.

Lors de cette visite je rencontrai le chef d’Unité, le Renne nomade (Robert Born). Je lui sciai une ou deux côtes pour qu’il me permette d’entrer à la troupe, malgré un âge qui tut tendre, quoique vous en pensiez : j’allais avoir 10 ans.
Le Renne récupéra ses côtes et répliqua que je devais attendre, mais que, si je trouvais 5 autres lascars, on pourrait fonder une meute, Le sort me fut favorable : j’ai pu entraîner Jean et Jacques Biernaux, Jacques Dochain (que l’on devait appeler Tibitum, à cause d’une danse du scalp à laquelle il se livrait et dont c’était le refrain) il y en avait encore 2 autres mais leur nom - honte à moi - fait une fugue dans ce qui me reste de mémoire.
Jean Henrard (*) fut notre Akéla avant de devenir pharmacien et de fabriquer des suppositoires calibrés; le P. Masson était notre aumônier

Un an après, je fus scout à la Troupe, chez les Ecureuils, puis chez les Renards. Là, j’ai été CP pendant 3 ans et demi : Renards toujours gais - je pousse encore parfois le cri.

Après quoi, le Seigneur, qui a de l’humour, me traça une piste : "Voilà la trace de mes pas". Je ne m’y attendais pas. Les autres non plus, je crois, mais le Seigneur me fit un croche-pied et je m’étalai au noviciat. Qu’il en soit béni et remercié. Je ne sais s’il s’est toujours félicité de son croc-en-jambe, mais pour moi. je lui demande de recommencer jusqu’à la fin de piste. Seulement, je vous l’ai dit, le Très-Haut a de l’humour et il est capable de me faire languir...

Depuis, j’ai dirigé 29 camps : AEP, Vacances vivantes, incognito, en tâchant d’y glisser une étincelle d’esprit scout, sans le dire.
J’avais arrêté les frais à 59 ans, il y a 20 ans, pour ménager quelques années de paix à mes os vieillissants. Mais le chef d’Unité des Ardents de Saint Michel, (un ami qui avait été mon élève en rhéto) vint me scier 3 côtes (une par visite) pour que je reprenne l’aumônerie de la 4e Troupe. Comme le refusais, par pitié pour mes articulations, il me fit nommer par mon supérieur. (Tu n’es pas candidat, mais si tes supérieurs te désignent ? - Alors, je suis c .... onné), En fait, je le suis maintenant depuis 16 ans, Je ne sais pas très bien quel dessin pourrait orner le badge ainsi mérité..

J’avais été totémisé Furet saugrenu, Quand notre aumônier, le Chamois (P. Sottiaux), apprit ma future entrée au noviciat, il voulait changer mon quali’, peu adapté, estimait-il, à un Révérend. Foin !, saugrenu j’étais, je suis et je serai. Cela n’est pas trop mal porté, là-haut, si j’en crois la vie des ermites du désert. J’ai hâte d’aller vérifier, pour un camp volant plus définitif.

D’ici-là, je vous serre d’avance l’aile gauche

Flup Dechuyteneer s.j.
le 8 août 2004


(*) Note du Gardien des Légendes : pour la petite histoire, la soeur de Jean HENRARD, premier Akéla de la Première, Geneviève, a épousé Jean QUERIAT. Leurs fils Pierre et Bernard ont été respectivement Akéla de la Seeonee et C.T. de la Jacques Magnée. Les fils de Bernard : Etienne, Jean, et Marc, ont eux aussi "scouté" activement à la Première...


Consulté, Roitelet sympathique (vp Jacques BIERNAUX) nous apporte les compléments d'information que voici :

(...) J'ai retrouvé mon scout-pass dont je vous livre quelques extraits.
La Meute fut fondée le 8 juin 1935 sous la houlette successive de Jean HENRARD (pharmacien à Mont-sur-Marchienne), Pierre GUEUR (chirurgien à Mons), Jacques HENRARD (frère de Jean, et littéraire), Francis ANTOINE (médecin à Mont-sur-Marchienne et récemment décédé), et Marcel BELOT (chevilleur à Charleroi).
Le R.P. STERCKEN sj succéda au R.P. MASSON sj.
Les premiers louveteaux étaient : Philippe DE SCHUYTENEER sj, Jean et Jacques BIERNAUX, toujours vivants, Guy CORVILAIN, et Marcel HOREMANS. Depuis longtemps, ces deux derniers ont disparu de notre entourage.

Nous ont rejoints entratre autres plus tard : Charly GAILLY, Jacques DOCHAIN, Willy FONTHIER, Antoine GUEUR, Lucien FINKLER : ces deux (Willy et Antoine) sont morts en résistance à la Libération, et Lucien FINKLER est disparu à Auschwitz !

Le premier camp louveteau eut lieu fin août à Rosée dans les dépendances du château. J'ai alors quitté la meute pour la troupe, puis le clan !

P.S. : Le R.P. SOTTIAUX sj se trouvait peut-être un peu plus saugrenu, et pour cela un peu jaloux de mon vieil ami Philippe !

Bonne chasse !

Jacques BIERNAUX,
Roitelet sympathique

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