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Dessin de Lionel KINON sj (animé par Serge ROUGEYRES) : cliquez dessus pour en savoir plus sur Pinson méticuleux...

Notices biographiques de :

Jacques SEVIN sj
Albert DETON (Okapi bourrasque)
Willy FONTHIER (Condor conquérant)
Jean KODECK (Bélier pacifique)
Paul-Marie MICHEL (Grillon à l'écoute)
Marc-Hubert HENRY (Ouson tout service)
François LEONARD (Epagneul judicieux)
Jacques SIBILLE (Geai, du dache !)
Gaspard NAVEZ sj (Père Loup)
Pierre CAMBIER (Faucon des Fagnes)
Arthur STEIN
Jacques DE SCHUYTENEER (Taupe)
Pierre VAN STAPPEN sj (Muscardin)

Les notices biographiques ci-dessous
sont la transcription en fichiers PDF
du contenu du "Mémorial du Trentième Anniversaire"
publié en 1949 par les staffs de l'époque :

Jacques DAME (247 Ko)
André de THAYE
(182 Ko)
Albert DETON, Okapi bourrasque
Hubert DULAIT, Loup méthodique
(185 Ko)
Charles FERONT, Auroch ardent
(148 Ko)
Lucien FINKLER
(37 Ko)
Willy FONTHIER, Condor conquérant
(411 Ko)
Yvan GEZELS
(111 Ko)
Antoine GUEUR
(125 Ko)
Jean LEBEAU
(121 Ko)
Jean LEONARD, Chevreuil emballé
(347 Ko)
R.P. Jacques MAGNEE sj
(197 Ko)
Michel MODAVE
(27 Ko)
Emile RENARD
196 Ko)
R.P. Florent VAN KEERBERGEN sj (40 Ko)


R.P. Jacques SEVIN sj

Même s'il n'a pas fait partie de notre Unité, il était normal que nous ouvrions ce PANTHEON par une figure de proue du Scoutisme chrétien, dont Baden-Powell lui-même a reconnu la part fondatrice. Nous lui devons la croix scoute et des chants aussi indissociables de notre scoutisme que le Chant de la Promesse, le Cantique des Patrouilles, Notre-Dame des Eclaireurs, etc.

Le G@rdien des Légendes.

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Fondateur des Scouts de France en 1920, le R.P. Jacques SEVIN sj a aussi marqué de son empreinte le scoutisme belge : comme indiqué dans le texte ci-dessous, c’est à Mouscron (Belgique) qu’il a tenté sa première expérience en 1917, et imaginé la Croix Scoute.  Une procédure a été entamée en vue d’obtenir sa béatification. Nous reprenons ci-dessous d'abord un texte publié dans la revue «JESUITES DE FRANCE» puis repris dans la revue jésuite belge «ECHOS» (mai 2000) : nous remercions Bernard PAULET de nous avoir autorisés à le reproduire. Ensuite une courte notice extraite de TIOULI, chansonier édité dans les années '50 par «Le Choeur des Landes».

 

Qui n’a entendu parler de Lord Baden-Powell, chapeau pointu et moustaches blanches, fondateur en 1907 du scoutisme ? Mais qui est à l’origine des Scouts de France ? En dehors de la tribu scoute, bien peu seraient capables de répondre à la question. Aux côtés du chanoine Cornette et du jeune laïc Édouard de Macédo, c’est un jésuite d’origine lilloise, Jacques Sevin (1882-1951), qui fonda les Scouts de France en 1920.

1913 : le mouvement scout connaît un prodigieux développement auprès des adolescents et suscite déjà des critiques redoutables, par exemple du père jésuite Henri Cave dans la revue Études, février-mars 1913. Encore étudiant jésuite, Jacques Sevin fait pendant l’été un voyage d’étude en Angleterre pour se rendre compte par lui-même. Sur place, il partage la vie de camp des boys-scouts, rencontre la hiérarchie catholique et se lie d’amitié avec Baden-Powell autour d’une tasse de thé. Dans sa pensée et dans son coeur, il forme la résolution de fonder les scouts catholiques en France.

Entre 1917 et 1919, il rédige son maître livre Le scoutisme, étude documentaire et applications et, par des essais de scoutisme à Mouscron (Belgique), il fait prendre corps à l’intuition que cette pédagogie, si décriée dans les milieux ecclésiastiques de l’époque, correspondait en profondeur à une vision chrétienne de l’homme. Il conçoit alors le dessein, non seulement de proposer la vie scoute à des jeunes pour en faire des adultes chrétiens, mais de développer leur foi et de les intégrer profondément à l’Église catholique par cette même vie scoute: combien de vocations sacerdotales, religieuses, laïques, prendront naissance dans un tel terreau de vigueur spirituelle et de générosité éducative !

Par la fondation de l’Association des Scouts de France en juillet 1920, il fait mieux que fédérer les expériences de scoutisme catholique qui existent en France depuis 1911 ; il repense entièrement le scoutisme de Baden-Powell dans la lumière et l’esprit de l’Évangile.

«La rencontre entre la méthode scoute et les intuitions du P. Sevin, sj a permis d’élaborer une pédagogie basée sur les valeurs évangéliques, où chaque jeune est conduit à s’épanouir et à développer sa personnalité en faisant fructifier les talents qu’il porte en lui.» (Jean-Paul Il ; Lettre apostolique aux responsables de la Conférence internationale Catholique du Scoutisme (CICS), septembre 1998).

 

Préoccupé de la rénovation des méthodes pédagogiques des collèges jésuites, il ressent un certain décalage entre l’esprit missionnaire des origines et la vie concrète des collèges. Le scoutisme de Baden-Powell lui parait à même de fournir des instruments nécessaires à un retour aux sources pour retrouver l’intuition proprement ignatienne d’une éducation active, généreuse et missionnaire, où les finalités inspirent les méthodes.

Pédagogue, le P Sevin est aussi un spirituel, un contemplatif et dans une certaine mesure un mystique. Fils de St Ignace, il est familier de Ste Thérèse d’Avila et lit beaucoup Thérèse de Lisieux, chez qui il puisera ce qu’il appelle «la joie scoute», cherchée et trouvée au creux du quotidien. Son intuition spirituelle fut centrée sur la croix glorieuse de Jésus, la croix de Jérusalem dont il entoura, sur l’insigne des Scouts de France, la fleur de lys de Baden-Powell.

Il réécrit la loi scoute, la promesse et tous les textes fondamentaux. Il enrichit la pratique scoute d’une approche spirituelle du camp et de la route, contribuant ainsi de manière décisive à enraciner en profondeur les contours de ce qu’on peut appeler l’esprit scout, esprit qu’il est le premier à vivre et mettre en oeuvre dans les stages de formation de responsables à Chamarande. Proche du courant de «l’Action Populaire» du P. Desbuquois, il tient que l’oeuvre scoute doit être ‘sociale’, au sens fort de l’époque. «Les enfants que nous revendiquons comme plus spécialement nôtres, ce sont ceux dont les oeuvres existantes ne veulent pas ou ne veulent plus.» (Le scoutisme, p 206).

Son style - il véhicule toute une esthétique et une symbolique par ses dons de poète, de musicien et de dessinateur -, sa pensée, ses écrits et les structures mêmes des Scouts de France font école sur toute la planète. En 1922, il fonde et dirige la Conférence Internationale Catholique du Scoutisme au sein du Mouvement Scout Mondial. Et tout cela, sans trahir Baden-Powell qui déclarera que le travail du P. Sevin «représente» la meilleure réalisation de sa propre pensée.

Le P. Sevin porta en lui un autre projet qui vit le jour en 1944 : la fondation d’une congrégation religieuse contemplative et missionnaire, la Sainte Croix de Jérusalem, dont la spiritualité propre a trouvé ses sources principales chez St Ignace, les deux saintes du Carmel et le scoutisme, et qui est tout particulièrement engagée dans l’éducation des jeunes.

L’introduction récente à Rome de sa cause en béatification est l’occasion de redécouvrir l’actualité de l’oeuvre de Jacques Sevin, et de prier Celui qu’il a fait appeler ‘Seigneur Jésus’par tous les scouts catholiques du monde d’être toujours prêt à Le servir.

Bernard Paulet

extrait de Jésuites de France 2000


Extrait de TIOULI
(Chansonier composé par «Le Choeur des Landes»
au milieu des années ‘50) :

Fondateur du mouvement des Scouts de France, le R.P. Sevin a bien connu l’âme des jeunes. Non content de rechercher, à l’usage de ses boys, les meilleures productions du folklore, il veut leur fournir un patrimoine proprement scout. Il est l’un des premiers à avoir compris qu’ils veulent aussi quelque chose qui leur parle d’eux-mêmes... Faire pénétrer et triompher l’idéal scout, la mystique scoute, par la magie de poèmes et de mélodies simples : telle a toujours été l’ambition du R. P. Sevin. Il fut ainsi amené à réagir contre une certaine littérature scoute débonnaire et banale, et à rechercher les thèmes plus nobles et plus spirituels.

On ne peut mesurer ce que le scoutisme francais et belge doit aux émotions généreuses éveillées dans l’âme des jeunes éclaireurs par le Cantique des Patrouilles, Notre-Dame des Eclaireurs, Coeur de Jésus notre Chef notre Frère; Plus près de Toi mon Dieu, etc.

Le R. P. Sevin est mort à Boran, le 19 juillet 1951.

Le recueil qu’il a publié : Les Chansons des Scouts de France a paru aux Editions Spes, 79, rue de Gentilly, Paris. (Edition définitive en 1936).

Plus d'info

Note du Webmaster :

Dans le bulletin-papier EN AVANT, PREMIERE ! du printemps 1995 nous avions consacré un court article au Père SEVIN, dans lequel figurait un document intéressant repris ci-dessous : de la main de son créateur, alors aumônier de la Première MOUSCRON (Belgique), la croix Scoute qu’il avait imaginée en intégrant la fleur de lys que Baden-Powell avait choisie (parce qu’elle faisait partie de la boussole, instrument indispensable pour un bon Eclaireur) dans la Croix de Jérusalem, ou «croix potencée» devenue depuis... la croix Scoute ! Pour les curieux, notons les initiales «SM» pour «Scout Master».

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Albert DETON
Okapi bourrasque
(1916-1944)

Albert DETON photographié par son père, portraitiste carolorégien bien connu.


Ne tirez pas, ce sont des British !

Le Révérend Père Richard DE SMET s.j., alias le «Crocodile» décédé en 1997, brosse ici le portrait d’une figure de proue de la Première : Albert DETON, alias «Okapi bourrasque», dont il était l'«alter ego».

En première latin-grec, nos classes étaient distinctes, mais en septembre 1929 nous nous sommes trouvés, Albert DETON et moi, sur les bancs d’une seule classe de deuxième. J’entrai à la Troupe en novembre, et bientôt Albert voulut m’y suivre. Il y entra à la fin de janvier, dans la patrouille des Renards. Ensemble, nous rentrions du Collège, et préparions nos examens hebdomadaires; aussi, nous étions rapidement devenus amis - et souvent complices - et notre amitié n’a jamais cessé.

Le scoutisme le prit tout entier, lui qui était d’un naturel généreux, enthousiaste jusqu’à l’extravagance, débordant de vie, ne reculant devant aucun effort physique, s’attelant courageusement à l’effort intellectuel (pour lequel il n’avait eu au début des Humanités qu’une inclination mitigée), était amusant, le plus marrant, le meilleur des compagnons.

Camp de Mirwart, été 1934

De g. à dr. : Croco' (Richard DE SMET), Canard (René DEBAUCHE sj), Okapi (Albert DETON), Rossignol (André MASSINGER)      au camp de Mirwart en 1934.

Nous n’avons raté aucun des hikes, sorties, ou camps de la Première jusqu’en 1934. Camps sous la pluie, camps de neige, taxaient notre endurance mais la joie y régnait. Albert nous y aidait par son emballement. La Troupe avait pris comme slogan : «LA VIE RUDE» : Albert nous aidait beaucoup à ne pas le trahir. Quand il fallut lui choisir un totem, on tomba d’accord de l’appeler «Okapi Bourrasque» : sa conduite ne l’a jamais démenti. Devenus C.P., nous rivalisions pour insuffler à nos patrouilles un haut degré d’esprit scout, de serviabilité, de fraternité, de joie. L’Okapi excellait dans l’organisation de sorties aventureuses et triomphait dans ses numéros de feux de camp. Adolescent plein de sève, il s’était fort développé intellectuellement et était devenu un des tout premiers de classe en même temps qu’un animateur extra-scolaire de premier rang. A la fin de 1933, il fut nommé Premier C.P.

1934 fut une année hors pair. Nous étions quatre C.P. unis comme les doigts d’une main. Ensemble, nous étions allés à Rome en même temps que 600 autres scouts. Ensemble nous sommes partis en vélo visiter Amiens, Beauvais, Chartres, les châteaux de la Loire, Paris. Ensemble, nous sommes entrés au Noviciat des Jésuites. L’Okapi s’y plia le mieux qu’il put à une discipline qui bridait sa nature chestertonienne. En pique-nique, il se défoulait. Je l’y vois encore sur la dernière plate-forme d’une tour forestière très frustre où nous étions montés et d’où l’on dominait un immense paysage. Sa fine pointe l’attira, il voulut s’y hisser. C’était fou. Il devrait s’accrocher à des planches branlantes, mordues et affaiblies par les intempéries. J’essayai de l’en empêcher. Rien à faire. C’était la pointe la plus haute, il voulait la toucher. Il le fit. Je le voyais déjà avec terreur fracassé par une chute de 70m. Mais il réussit. Il avait en lui un feu exacerbé qui exigeait de s’extérioriser. Le cadre du Noviciat était trop étriqué. Au début de 1937, l’Okapi rentra dans la vie laïque.

Ce fut Louvain puis bientôt le service militaire. Rappelé en septembre 1939, le lieutenant DETON se trouva en place (probablement sur la ligne Meuse-Dyle-Anvers) pour subir l’assaut allemand du 10 mai 1940. Lorsque les forces belges durent faire retraite à cause de la percée des tanks allemands à Sedan, sa formation la protégea dans la région de Louvain dont l’Okapi fut (pour deux jours) le dernier Bourgmestre, témoin de l’incendie de la Bibliothèque par l’Occupant. A la capitulation, il eut la chance d’échapper à la captivité.

Rentré à Charleroi, il trouva vite l’occupation allemande, et sa propre absence de la lutte que continuait à mener l’Angleterre, insupportables. Dès juillet, il partit vers l’Espagne, passa les Pyrénées mais fut interné quelques mois dans le camp de Miranda (si ma mémoire est bonne). Libéré, il gagna le Portugal et de là la Grande-Bretagne où il fut presqu’aussitôt réintégré dans les Forces Belges.

Dès qu’on pensa à créer des groupes d’élite, fortement entraînés et très mobiles, l’Okapi n’eut de cesse qu’il fût admis dans les Commandos. Il y fut un chef prestigieux, un d’Artagnan qui ne craignait pas de faire autant et plus qu’il demandait de ses hommes. Ceux-ci se sont souvenus longtemps de ce jour où, épuisés par une marche forcée d’entraînement, ils s’étaient plaints de ne pouvoir la continuer avec leur pesant barda : «Qu’on me donne six fusils!» cria-t-il. Et il les porta en plus que son propre barda jusqu’au camp. Ce n’est pas sans fondement qu’après 1945, on a donné son nom au camp d’entraînement de Marche-les-Dames où l’on parlait de lui comme d’un officier commando de légende.

En janvier 1944, il était sur la rivière Sangro en Italie centrale. Il fallait refaire la liaison avec un groupe anglais égaré dans la neige. L’Okapi s’y offrit et parvint avec quelques hommes dans leur voisinage, mais à cause du brouillard ils furent pris pour des Allemands et une fusillade commença. Il tomba en criant : «Il m’ont eu, nom de Dieu!». Depuis notre classe de Poésie, il était hanté par le dernier cri de Charles PÉGUY menant une attaque en août 1914 : «Tirez, tirez, nom de Dieu!». Albert rêvait de mourir ainsi, juron ou pas, avec le nom de Dieu sur les lèvres. Ce furent ses derniers mots..
Croco'

Ndlr : S'ils se référaient moins à Péguy que le cri que le Croco' lui attribue, les derniers mots de l'Okapi témoignent du souci de l'Autre appris dans le scoutisme. Il a en fait crié, à ses compagnons : «Ne tirez pas, ce sont des British!». Il fut le premier officier Commando belge tombé au Champ d'Honneur, dans la nuit du 3 janvier 1944, près de la rivière Sangro, à San Pietro dans les Appenins (Italie). Aujourd'hui encore, plus de cinquante ans plus tard, quand les Anciens du 10-IA en parlent, ils disent "notre Lieutenant" (même le Colonel E.R. Noël DEDEKEN qui était son Sergent). La plaine des manoeuvres du Camp d'Entraînement Commando de Marche-les-Dames lui est dédiée.

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Willy FONTHIER
Condor conquérant

(1925-1944)

JUSQU'A LA DERNIERE GRENADE...


On pouvait lire dans la nécrologie du journal LE RAPPEL, en date du 12 septembre 1944, l'avis que voici :

On nous prie d'annoncer la mort de Willy FONTHIER, tombé au Champ d'Honneur le 5 septembre 1944, à Celles-lez-Tournai, à l'âge de 18 ans.
Un service solennel sera chanté en l'église de Marchienne au Pont, le jeudi 14 septembre 1944, à 11 heures.
La mort de l'héroïque Willy FONTHIER plonge dans le deuil non seulement une famille qui compte parmi les plus estimées de la région, mais aussi le Collège du Sacré-Coeur où Willy FONTHIER venait de terminer ses Humanités, et les milieux scouts où il était un des membres les plus actifs et les plus enthousiastes.
Willy FONTHIER avait, après une longue insistance, obtenu de ses parents de pouvoir s'engager dans les forces de résistance. Il avait dû insister, parce qu'il était bien jeune encore.. Mais sa maturité, sa résolution, la ferveur de son patriotisme, son tempérament sportif, la maîtrise de soi qu'il avait perfectionné dans le Scoutisme, tout cela - avec la grandeur d'âme de Madame FONTHIER - avait fini par l'emporter.
Quand on vit ce tout jeune homme, qui avait encore l'allure d'un adolescent, arriver dans sa formation de l'armée blanche où il allait donner, trois mois durant, la mesure de ses dons exceptionnels, plusieurs de ses compagnons s'étonnèrent. Ils furent bientôt conquis par ce que ne tarda pas à se révéler d'énergie et de discipline ce jeune caractère, par sa rare distinction aussi et par son charme.
Il est mort en héros, après avoir combattu hardiment l'ennemi, après avoir collaboré efficacement à la libération de notre Patrie.
Le «RAPPEL» qui s'honore d'avoir compté ce fier jeune homme parmi ses amis, prie M. le Directeur de l'Union des Centrales Electriques, Mme Paul FONTHIER, M. et Mme Monjoie-Fonthier et Mlle Nicole Fonthier, d'agréer l'expression de ses profondes condoléances.
*
Avant de mourir, Willy avait laissé sur la paroi de son abri le message ci-dessous :

J'ai tiré jusqu'à la dernière grenade

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Paul-Marie MICHEL

Grillon à l'écoute
(1938-1999)

Grizzly se souvient de Grillon...

Evoquer ici mon frère, Paul-Marie MICHEL, dit "Nana", m'amène à remonter très loin dans ma mémoire scoute.
Nous étions quatre frères : Pierre (Faucon), Jean (Perdrix), André (Grizzly), et Paul-Marie (Grillon).
Les trois premiers ont débuté dans le Scoutisme directement par la Troupe tandis que Nana, le petit dernier, s'est distingué en entrant d'abord à la Meute. C'était «notre Louveteau» et il vécut là des moments dont il devait se rappeler lorsqu'il est lui-même devenu Akéla.
Nous étions tous les trois (les trois "grands") pleins d'attention pour notre petit frère et nous l'abreuvions de conseils lorsqu'il allait au camp avec sa meute Waigunga.
Passé à la Troupe, on sentait qu'il accueillait le message scout avec tout son sérieux, ce qui ne l'a jamais quitté. Nous avons fait plusieurs camps ensemble, les quatre frères réunis, et la photo ci-dessous montre l'équipe "MICHEL", les uns comme Scouts, les autres comme Chefs.

Mes 4 frères MICHEL


Une fois à la Route, il devint mon assistant ("Bagheera") à la Meute après que j'eus succédé à Jean MAYEUR comme Akéla. Il devait reprendre la mission d'Akéla lui-même et il l'assuma plusieurs années.
C'était un chef sérieux, ordonné, soucieux de la Tradition. Il entourait ses petits Louveteaux de sa bienveillance et de sa légendaire prudence. Au camp, il donnait toute sa mesure. Je me rappelle qu'il avait pour principe, le premier jour du camp, pour "couper" ses Louveteaux de la civilisation, de leur faire faire une longue marche, bien sûr adaptée à leur âge, mais quand même importante. Il voulait ainsi les mettre dans l'esprit du camp.
Son souci de Chrétien présidait à la messe, à la prière du soir où il voyait une possibilité de recueillement plus profond. Les camps se succédèrent.
Ce qui frappe ceux qui l'ont connu, c'est la manière dont il avait intégré le message de B.P. dans sa vie. Etre dans le Scoutisme, pour lui, c'était quasi entrer en religion et ce fut la source pour lui de l'affection que, dans sa vie familiale, il n'a cessé de porter aux siens jusqu'à sa mort survenue le 20 mars 1999.
Quelques mois auparavant, entouré de nombreux Anciens de la Première lors des Retrouvailles à Viroinval, il avait reçu les insignes de l'Ordre Scout du Mérite, avec le grade d'Officier, pour les services rendus au Mouvement. Nul doute, puisqu'il est maintenant "rentré à la Maison", qu'il mette un peu d'ordre au Paradis pour nous y accueillir!
Bye, bye, Nana !

P.S. On m'a demandé pourquoi on l'appelait NANA...

Voici l'origine de ce curieux vocable. Nous avions chez nous une gouvernante qui, lorsqu'il était tout petit, l'appelait "Mon petit Nounou". Moi-même, à peine plus âgé, je n'arrivais pas à prononcer ce "nounou" que je transformais en "nana". Et c'est resté...

André MICHEL
Ancien Akéla
de la Waigunga

Paul-Marie MICHEL, Akéla, soignant Philippe VINCENT, sizainier.

Grillon ("Nana" pour ses amis : ici soignant Philippe SERVAIS, un de ses sizainiers en 1956) avait bien voulu écire ces quelques lignes pour le bulletin EN AVANT, PREMIERE ! de début 1997. Ceux qui l'ont connu l'y reconnaîtront tout entier :

LE NOEUD DE B.P.

Basé sur la structure et l'organisation de la patrouille, le scoutisme s'adresse à des jeunes toujours curieux de faire des découvertes. Heureux de leurs découvertes, ils veulent se rendre utiles. Se rendre utile va de pair avec rendre service. Quand ? A qui ? Dans quelles conditions ? La réponse est simple : à tout moment, à tout le monde, en toutes circonstances.

C'est le noeud du scoutisme. Quand on le vit au camp, en hike, en réunion de toute nature, ou lors d'événements exceptionnels tel que la catastrophe du Bois du Cazier en 1956 (expérience vécue) on est heureux de connaître ce noeud. On en retient la recette comme un bon louveteau n'oubliera jamais comment faire un noeud plat, un noeud de tisserand, de chaise ou de batelier !
L'essentiel est d'être convaincu que le monde a besoin d'hommes vigoureux, francs et joyeux. Cela est encore bien plus vrai en 1997 !

Le noeud de B.P. se retrouve dans son dernier message : «Le vrai chemin du bonheur est d'en donner aux autres. Essayez donc et quittez ce monde un peu meilleur que vous ne l'avez trouvé...»

    Ce dernier message est un message éternel.

    Bonne chasse !

Grillon à l'écoute.
Paul-M. MICHEL.
Ancien Akéla de la Waigunga
9. 1. 1997

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Marc-Hubert HENRY
Ourson tout service

rentré à la Maison du Père le 31 décembre 2001

Marc-Hubet HENRY, Ourson tout service

Texte lu par sa fille Vania
lors des funérailles d'Ourson :

A Papa,

Papa, tu étais un homme brillant, érudit, souvent extraordinairement visionnaire, impressionnant parfois pour certains.

Mais aujourd'hui, ce n'est pas à ce Papa-là que je voudrais parler, ce n'est pas ce Papa-là que je souhaiterais évoquer.

Non, aujourd'hui j'aimerais partager parmi toutes celles qui vivent en moi, certaines images plus vives, qui résument un peu ce que tu as été et ce que tu es.

C'est tout d'abord mon Papa - esprit de famille ; celui transmis par Bonne-Maman et Bon-Papa ; celui qui te faisait tendre la main à tous les tiens, en toutes circonstances et sans jamais l'ombre d'un jugement ; celui qui te conduisait à nous rassembler comme aujourd'hui tu aurais, ainsi que chaque année, réuni tes frères et soeurs autour d'un dîner de joie. Nous sommes ici un peu plus nombreux que l'assemblée habituelle, mais c'est sans doute ton esprit de famille élargi qui y préside.

Et puis, dans un autre registre, il y a mon Papa des bois, casquette vissée au front, celui qui penché sur une carte d'Etat-Major, découvrait partout, que ce soit en Ardenne, au Maroc, dans les Adîrondacks, à Bali, en Gaume ou ailleurs, des promenades furtives à l'abri des sentiers battus, celui qui récoltait dans sa musette en bandoulière, chanterelles et bolets, celui qui savait s'émerveiller des trésors de la forêt, dont le moindre n'était pas le silence.

Il y a aussi mon Papa - lecteur, féru de découvertes sur les rayonnages des bouquinistes de Redu, Londres, Namur, Saratoga ou Bruxelles, celui qui se lançait dans une approche approfondie de Tchékov ou de Balzac pour en saisir toute la complexité, celui qui s'évadait en chevauchant les écrits de ses auteurs favoris.

Tu étais aussi mon Papa - bonté, et si cela se traduisait souvent par des éléments plus matériels comme une bonne bouteille de vin remontée de ta cave, une grillade au coin du feu que tu surveillais d'un oeil attentif, un cigare que tu enrobais de volûtes d'humour, c'était toujours avec au coeur l'esprit de l'essentiel qui faisait la richesse des moments passés à tes côtés - l'écoute, avec ta main tendue, l'accueil sans limite de ceux qui venaient à toi, que ce soit avec leurs joies ou leurs peines, ton art de faire des choses simples des bouffées d'exception, ta façon unique de redonner courage, ce don de guider sur le chemin de la réconciliaîon.

Il y a aussi mon Papa - humoristique, toujours à l'affût d'un mot d'esprit, maniant la plaisanterie avec dextérité, souvent pour nous rappeler que nous nous attachions à des choses dérisoires.

Ou encore mon Papa - passionné de verre, comme autrefois Bon-Papa, même si dans un autre registre. Sans doute en aimais-tu la pureté, la versatilité au gré des lumières, la créativité d'un matériau unique qui se façonne en tant d'expressions différentes selon l'inspîration de l'artiste - peut-être y voyais-tu une figuration imagée de I'humanité ?

Et puis il y a eu mon Papa - malade - cela fait partie de ta vie, cela fait partie de nos vies, et les instants vécus auprès de toi tout au long de ces derniers mois furent encore, plus que tout autres, sources de joie et de force. Il m'est resté plus particulièrement trois facettes indéracinables qu'à aucun moment ta maladie n'est parvenue à effacer : ton courage, ton souci des autres en dépit de tout et malgré les circonstances, ton indéfectible humour.

Aujourd'hui Papa, tu n'es plus et pourtant tu es là ; tu es là, au creux de nos coeurs, vivant dans nos pensées de par tout ce que nous avons tous, que ce soit d'un point de vue professionnel ou personnel, reçu de toi.

Et si ton départ à l'abri des souffrances est source de tristesse immense, il nous laisse riches de tant de souvenirs, témoignages vivaces de cet esprit qui a guidé ta vie et qui guidera désormais la notre.

Pour tout cela et pour tant d'autres choses, merci Papa.

Vania

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François LÉONARD
Épagneul judicieux

(1944-2002)

Epagneul judicieux, vp François LEONARD

Texte de l'homélie prononcée par le R.P. Christian DE DECKERE sj
lors des funérailles d'Épagneul :

Bien cher François,

Voici environ quarante ans que nous avons commencé à cheminer ensemble ! Ces années passées m'autorisent à te dire la peine immense de ton départ si brusque, si inattendu... Tu n'as pas pu nous dire au revoir ; tu ne nous as pas permis de te saluer cordialement...

Ces années passées m'autorisent aussi à te dire un profond et cordial merci pour le témoignage de ta vie - qui ne fut pas tous les jours facile, comme celle de nous tous.

Ta vie est marquée par les souvenirs, les partages que chacun, ici présent, garde en lui-même.

Je voudrais humblement faire mémoire de quelques tournants de ta vie, de quelques images qui me poursuivent depuis ton départ, jeudi dernier.

A la suite de ton père, Bison, le scoutisme a exercé sur toi un réel attrait. Tu en as rempli toutes les étapes, avec ferveur, créant d'admirables amitiés. Ensemble nous avons fondé, dans l'Unité Roi Albert, la Troupe John Kennedy et partagé de joyeuses expériences de compagnonnage et d'éducation des jeunes. Ton totem : Épagneul judicieux, dont l'adjectif était admiré par ta Mère, révélait déjà tes qualités. L'épagneul est un chien aux oreilles pendantes dont il existe une race de chasse et une race d'agrément.

Après tes études de Droit, tu as découvert l'Algérie et est née, en toi. une réelle passion pour ce pays dans lequel tu rencontras et découvris Nedima, ton épouse. Tu as toujours gardé un profond respect pour ta belle-famille.

Ayant reçu une saine éducation familiale et à travers le scoutisme, tu as laissé s'épanouir une honnêteté fondamentale, une recherche du bien et du meilleur, un réel souci de la droiture. Tout cela, à côté d'une capacité relationnelle de sympathie et d'amitié assez exceptionnelle, s'inscrivant dans un magnifique accueil des autres.

Pendant un temps, tu as songé à des engagements politiques, estimant ainsi réaliser ton devoir de citoyen. Tu as exercé ainsi des fonct ions dans certains cabinets ministériels.

Enfin est venu le temps de la nomination à la Cour d'Appel de Mons où ton travail fut très apprécié. D'autres pourront en faire état.

A travers ces activités et les nombreuses interventions d'ordre juridique réalisées lors d'aides ponctuelles, tu as développé une culture et ouverture intellectuelle assez étonnante. Intéressé par beaucoup de domaines, devenu rapidement expert en informatique, et fana de l'ordinateur.

La vie de famille fut ta préoccupation constante. Bien sûr, comme pour nous tous, la réalité ne répond pas toujours à nos attentes et désirs. Tu as rencontré et porté courageusement le poids de l'éducation et de la croissance des enfants, celui du partage en adultes dans la vie quotidienne.

Nous touchons ainsi au mystère de chaque vie humaine : « toute vie est une histoire sacrée ». Elle demande respect et silence. Ton mystère, tu l'emportes avec toi !

Merci, Fran&ccecil;ois, pour ton accueil et ton sourire, parfois un peu forcé, à travers les événements. Tu t'étais un peu renfermé sur toi-même et devenu solitaire, ces derniers temps ; ta santé semblait en être partiellement la cause. Nous prions pour que tu trouves maintenant la paix et la sérénité que tu cherchas parfois avec difficulté.

Christian DE DECKERE sj

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Jacques SIBILLE
Geai du dache !


Le 19 mai 2003, Jacques SIBILLE (Geai) est rentré à la maison du Père après une pénble maladie. Il avait été mon second chez les Ecureuils à la Jacques Magnée en 1958/59. Après m'y avoir succédé comme C.P., il a fait son "Equipe Training", est devenu Assistant puis Chef de Troupe à la Jacques Magnée.
Il n'a manqué aucun des anniversaires qui ont jalonné la vie de la Première : le cinquantième de la Troupe, le 75ème et le 80ème de l'Unité entre autres.
Il a consacré sa vie au service des jeunes avec un sens d'autrui qui était dans le droit fil de son esprit scout : professeur au Collège Saint-Michel à Bruxelles, directeur à Erpent puis à Godinne.
A son épouse et ses enfants, à son frère Michel (lui aussi un Ancien de la Jacques Magnée), le Conseil des Anciens adresse au nom de la Première sa profonde sympathie, avec dans l'esprit ces quelques paroles que Jacques devait connaître :

"Et si je rencontre la Mort en chemin
Fauchant parmi les rangs des gueux
Oui je serais prêt comme un vrai paladin :
Je dirai mon dernier adieu !"

Okapi sympathique
vp Yves DETON
CP des Ecureuills 1958/59

Construction de la salle-à-manger des Ecureuils

Reçu d'un ancien de la Magnée le message ci-après, qui complète le précédent :

"C'est avec émotion que j'ai appris le décès de Jacques Sibille, dont l'enterrement a eu lieu ce samedi (25/5/2003) à Bruxelles. Jacques (Geai, du dache ! ) a été le CP de la patrouille des Ecureuils à la J.Magnée et chef de la troupe dans les années 64-65....
Il était également professeur de latin- histoire et ...? au collège St. Michel ou il fut le titulaire de classe du Prince Philippe.
C'était un ami soucieux des autres et de la qualité de leur devenir. Un chic type nous a quitté, à 60 ans.
Bien amicalement,

Panda (JP Dehan)


Charles DAILLY (Loutre), ancien Chef d'Unité de la Première, et actuel Président des Anciens du Collège du Sacré-Coeur, a rédigé le billet ci-dessous dans "FORUM", la revue des anciens, qu'il nous autorise aimablement à reproduire ici :

Un dernier battement d'aile, un dernier cri rauque, le geai quitte son nid. Mais, cette fois, il ne s'enfonce pas dans le sous-bois pour rechercher l'ombre protectrice des taillis serrés, au contraire il s'envoie bien haut, s'élève encore et disparaît à jamais de notre vue....
Jacques SIBILLE - totemisé chez les scouts « Geai du Dasch » - s'est éteint le 19 mai 2003.
De quelque peu mon àîné, je l'ai bien connu comme élève, mais surtout au sein du mouvement scout : CP de la patrouille des Ecureuils à la troupe Jacques Magnée, ensuite assistant pour terminer chef de cette même troupe.
Toujours vif, aimant rire, voire parfois se moquer - mais toujours avec mesure et gentillesse - peu de détails lui échappaient lorsque nous lui présentions la préparation d'une sortie ou d'un hike de patrouille.
A la fois scout expérimenté et professeur en germe, c'était de sa petite écriture calligraphiée qu'au bic rouge, il annotait tes projets, encourageait les initiatives ou coupait court aux suggestions irréfléchies que nous lui soumettions.
Poursuivant sa route, il termine son périple chez tes scouts en qualité de commissaire fédéral des scouts 12/17.
Parallèlement, j'ai eu le plaisir de prendre part, dans la même équipe et pendant plusieurs saisons, au championnat de football organisé par le groupement corporatif de Charleroi.
Il y manifestait le même enthousiasme, la même joie, le même dynamisme. C'était un réelplaisir que de l'avoir comme équipier et de partager ensemble la joie d'une victoire, l'amer d'une défaite.
Cet entrain, il n'a pas manqué de le répandre également partout où il a exercé son métier de professeur ; ses collègues étaient unanimes pour regretter sincèrement sa disparition.
Que Marie-Madeleine et sa famille soient assurés de ce que nous partageons leur profond chagrin, et trouvent ici l'expression du réconfort de notre amitié.
Salut Jacques.

signé : Loutre (Charles DAILLY), ancien Chef d'Unité

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Gaspard NAVEZ sj
(1924-2004)
Père Loup


Il a été "Père Loup" pendant plus de vingt ans, marquant ainsi de son empreinte joviale de nombreuses générations de Louveteaux. Ci-dessous trois textes : les deux premiers signés d'anciens Akélas, Luc CATINUS et Eric MERVEILLE, le troisième de son confrère et ami Philippe DE SCHUYTENEER sj (":Furet saugrenu") dont on trouvera ailleurs le récit de la fondation de la première Meute de la Première.
Il semblait prendre autant de plaisir que nous quand il passait dire un petit bonjour lors des réunions du Conseil des Anciens, comme ici lors d'une séance de travail de la "Patrouille des Scanneurs" préparant la projection d'archives photos pour le 80ème Anniversaire de l'Unité en 1999...


Lettre de Luc Catinus :

Nethen, 1987Nous apprenons, avec une grande tristesse, le décès du RP Gaspard Navez. C’est avec émotion que je revois défiler ces années où il fut le Père Loup des meutes Waigunga, Seeonee et Khaniwara.
Il avait l’art de s’intégrer parfaitement dans le mouvement. Lors des camps, il participait à tout : depuis la vaisselle jusqu’au grand jeu, et jusqu’au cinquième repas entre chefs, où sa bonne humeur égayait nos soirées. Son humour, parfois bon enfant, parfois caustique, nous titillait, juste ce qu’il fallait, là où il le fallait, dans le but manifeste de stigmatiser nos travers et… de nous faire progresser.
Selon les thèmes choisis lors du camp, il devenait, sans le moindre complexe, Napoléon à Austerliz, Surcouf à la tête des corsaires, Panoramix au milieu des irréductibles Gaulois… le personnage impressionnait à coup sûr !
Qui de nous ne se souvient de ses interminables histoires africaines, à la lueur des feux de camp : à cet instant, les louveteaux, les yeux écarquillés, buvaient littéralement le fantastique de ses paroles. Leur imagination vagabondait au rythme de son envoûtant récit dans les savanes africaines parmi la faune la plus sauvage.

camp 1987Ce qu’il aimait par-dessus tout, c’était de concocter son fameux vin chaud, traditionnellement servi après le jeu de nuit. L’œil pétillant, il ricanait de sa voix nasillarde : " Ils vont tous tomber comme des mouches ! "

Le mystère de son totem reste entier : était-ce vraiment ouistiti ? ? Avons-nous eu tort de ne pas le totémiser malgré tout ? ? Son ronflement tonitruant fut un jour enregistré à la sauvette et rediffusé à tous pendant la sieste. Même devant les évidences, il nia les faits ! Nul n’est parfait en ce bas monde !
Vraiment sa compagnie était des plus agréable. Il incarnait, sans pérorer, et loin de toute volonté moralisatrice, toutes les vertus scoutes : serviabilité, bonne humeur, engagement, initiative.
Avec toi, cher Gaspard, s’éteint un frère scout, un véritable ami. Tu t’en vas, en paix, vers le Père, riche de tous ces inoubliables moments, et tu nous laisses un message résolument optimiste sur la nature humaine et sur les vraies valeurs de la vie. Pour cela, et pour tout le reste, sois sincèrement remercié.

Luc Catinus, le 28 avril 2004


Intention lue par Eric Merveille au cours des funérailles :

Père Navez, Gaspard,

Nethen, 1987Nombre de tes élèves sont ici présents avec en mémoire ces cours de latin, de religion ou de français aux anecdotes truculentes, aux petites fiches manuscrites, aux pas cadencés de tes allées et venues entre les bancs. Certains de ces élèves plutôt moyens ou en difficulté se souviendront de toute l’attention que tu leur portais et du temps que tu leur consacrais.

Que de souvenirs de voyage de rhéto à Rome, Florence ou Assise où, veillant tard, tu attendais patiemment notre retour de soirée, veillant par la même occasion sur notre candeur. Que de culture et d’imagination ! Visiter la Chapelle Sixtine avec le Père Navez est un souvenir pour toute une vie.

camp 1987" Père loup ", que ce totem t’allait bien ! Papa d’une grande meute, tu as rassemblé autour de toi des centaines de petits louveteaux, toujours le premier à te déguiser et à participer à tout mais surtout à communiquer perpétuellement ta joie de vivre. Les loups t’adoraient; le soir après la veillée dans les liteaux, tu avais plaisir de leur raconter une de tes innombrables histoires rocambolesques où les peaux de lion se retournaient aussi vite que celles des crocodiles et où les loups n’avaient de cesse de te poser mille questions sur ton expérience de l’Afrique.

Gaspard, que de mariages, baptêmes et communions, ces petits mots empreints de tant de sagesse, et quand je dis " petits mots " c’était au sens propre comme au figuré (petit papier et écriture serrée) ; réelle philosophie du bonheur, ces écrits restent pour nous de véritables cadeaux du cœur, de véritables cadeaux d’amitié.

Merci Père Navez, merci père loup, merci Gaspard pour tout ton amour, pour ta générosité du cœur, pour ton éternelle joie de vivre.

Éric Merveille


Homélie du père Philippe De Schuyteneer sj lors des funérailles :


Frères et Sœurs, bien chère famille,

Une longue amitié affectueuse m’unit à Gaspard et à vous !

Nos papas avaient étudié ensemble à l’Université de Gand, avant la guerre de 14.
Nous, les enfants, nous nous sommes retrouvés ici, au Collège du Sacré-Cœur, quand nous avions 10 ans, pour faire nos Humanités dans la même classe et pour entrer, ensemble, au noviciat, en 41. Nous nous y retrouvions à 6 de la rhéto, à notre surprise mutuelle parfois.

Ouffet, 1986Après Jacky Vincent, tu pars, Gaspard, découvrir, dans sa vérité, le visage de Dieu. Le Seigneur avait bien voulu nous faire deviner son souhait de nous accueillir au noviciat. Soixante-trois ans après cet appel, voici qu’il adresse à Gaspard une autre vocation, celle qu’il fait entendre à travers la mort. Il avait été dit à Abraham, notre père dans la foi : "Quitte ton pays, la région de tes pères, pour le pays que je t’indiquerai". Abraham partit, sans savoir où il allait, parce qu’il faisait foi à cet ordre. Le Magnificat rappelle que ce fut le début de l’Alliance du Très-Haut, avec le patriarche et sa descendance à jamais, avec sa postérité dans la chair, puis dans la foi. Nous aussi, à notre mort, nous partons, sans savoir où nous allons – il est difficile d’imaginer l’au-delà. Mais nous savons vers qui nous allons et à qui nous pouvons faire foi.

Une hymne du Bréviaire évoque le Christ ressuscité qui nous précède en avant-coureur et précise : "Au-delà de notre mort, c’est lui encore qui nous attend sur l’autre rive". Il nous attend pour nous conduire au Père et nous introduire dans l’intimité de Dieu. Ce Dieu que nous pourrons trouver, dans sa vérité éblouissante, face à face. Nous pourrons lire sur un visage, sans voile, la générosité et la tendresse du Vivant éternel.
Et nous aurons la joie supplémentaire de retrouver, devant lui, tous les nôtres : tu as rejoint, Gaspard, ton papa et ta maman, Émile et Man-Lou, Jacky et combien d’autres. La lumière de la Face divine nous transfigurera sans nous défigurer. Nous nous reconnaîtrons au mieux de nous-mêmes.
Joie de ces retrouvailles ! Celle qui nous réunissait pour les repas de fête en famille, n’était que l’ombre de ce qui nous attend, pour le repas à la table de Seigneur.
Dans 15 jours, Gaspard, vous fêterez ensemble tes 80 ans, en buvant le vin nouveau du Royaume.

Nous prions pour toi, Gaspard, et tu pries pour nous. Tous, nous avons dit – combien de fois ? – le Je vous salue Marie et nous demandions : "Priez pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort." Nous l’avons fait trop machinalement et nous oublions que nous étions ainsi recommandés à la Vierge. Mais elle n’oublie pas et s’en est souvenue. Nous avons essayé, maladroitement, d’être "compagnons de son Fils, compagnons de Jésus". Heureusement, la fidélité du Seigneur est meilleure que la nôtre. Sur l’autre rive, nous serons vraiment ses compagnons.
Aujourd’hui, les paroles de la dernière Cène s’adressent à nous aussi : "Je vous ai dit ces paroles pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète."

Ainsi soit-il !

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Ces Anciens ont, parmi d'autres,  marqué leur génération, imprimant leur empreinte dans le ciment de la Première. Il n'est que juste de se souvenir d'eux. Comme le disait jadis une phrase sur un monument dans la cour du Collège :

"Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés."

Tous avaient faite leur la phrase de cette chanson scoute : "Et si je rencontre la Mort en chemin / Fauchant parmi les rangs des gueux / Oui je serai prêt comme un vrai Paladin / Je dirai mon dernier Adieu !"

Promesse (dessin de Pierre JOUBERT)

«Sur mon honneur et avec la grâce de Dieu, je m'engage à faire de mon mieux pour remplir mes devoirs envers Dieu et l'Eglise Catholique, le Roi et la Belgique, aider mon Prochain en toutes circonstances, et observer la Loi Scoute.» 


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